Quel avenir pour les traducteurs portés ?

L’intelligence artificielle avance et touche tous les secteurs d’activités. D’ici 2020, des dizaines de métiers vont évoluer. Les traducteurs, nombreux en portage salarial, sont-ils menacés à terme par les machines ?

Traduction assistée

Depuis plusieurs années, les outils de TAO (logiciels de traduction assistée par ordinateur ou encore les bases de données terminologiques) assistent les traducteurs pour des tâches spécifiques, sans se substituer au travail de l’humain. Ils ne doivent pas être confondus avec des logiciels de traduction automatique proposés par les moteurs de recherche comme Google et qui sont loin d’avoir des résultats concluants. Ils permettent tout au plus aux particuliers d’avoir une idée approximative du sens d’un texte dans une langue non maîtrisée.

La donne risque-t-elle de changer avec l’intelligence artificielle ?

Aujourd’hui, les investissements sont massifs dans l’intelligence artificielle qui permet aux machines d’apprendre par elles-mêmes grâce au deep learning.Systran, le leader mondial des logiciels de traduction est un précurseur dans le domaine avec le lancement fin 2016 du premier moteur neuronal professionnel.

Si pour certains estiment à 70% le degré de fiabilité des traductions réalisées par ces logiciels, il est encore loin le temps où la machine remplacera l’humain en toute indépendance. Et c’est particulièrement vrai pour la traduction.

Sur quel mode fonctionne un logiciel de traduction automatique doté d’IA ?

Les logiciels de traduction automatiques en cours de développement n’ont pas de compétences cognitives (capacité d’analyse et prise en compte du contexte). Ils fonctionnent à partir d’analyses purement statistiques. Leur principe est donc le calcul des régularités statistiques à partir de dizaines de milliers d’occurrences de phrases et de mots. Et c’est à partir de ces régularités, que le logiciel propose la traduction la plus probable.

Pourquoi les traducteurs en encore de l’avenir ?

Face à la machine, le traducteur en portage salarial a justement les capacités cognitives nécessaires pour prendre en compte des éléments que ne comprend pas une machine qui calcule : le sens du texte d’origine avec ses ambigüités, son contexte ; le style à adopter (littéraire, technique, juridique…) ;la compréhension des sous-entendus, des traits d’humour, l’homonymie et la polysémie et enfin la structure du texte.

Malgré la rapidité des avancées technologiques, il faudra toujours des traducteurs professionnels pour vérifier les choix retenus par les ordinateurs, pour contrôler et pour éviter certains désastres liés à une mauvaise traduction !

© Illustration : ekkasit919 - Fotolia

 

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