Interprètes LSF portés, de belles perspectives en vue !

Les associations de sourds et malentendants attendaient du nouveau côté téléphonie depuis des années ! C’est désormais chose faite avec l’application de la loi pour une République numérique qui oblige les opérateurs de télécommunications à leur donner accès à une heure de communication gratuite adaptée à leur handicap, depuis le 8 octobre dernier. Conséquence : des besoins énormes en interprètes LSF et en codeurs LPC dans les années à venir !

appli téléphonique pour sourds et matentendants

La loi du 7 octobre 2016 pour une République numérique prévoit dans son article 105 de nouvelles obligations pour les opérateurs de téléphonie envers les publics de sourds, de malentendants, de sourds aveugles et d’aphasiques : « Un accès des utilisateurs finaux […] à une offre de services de communications électroniques incluant, pour les appels passés et reçus, la fourniture d'un service de traduction simultanée écrite et visuelle ».

Avec le décret, ce service gratuit est désormais accessible une heure par mois depuis le 8 octobre 2018. La loi prévoit d’ailleurs les mêmes obligations pour l’accès au service clientèle des grandes entreprises de plus de 250 millions de CA et pour les services publics.

Roger Voice, la solution de la FFTelecoms pour les sourds et malentendants

La Fédération FFTelecoms qui regroupe la majorité des opérateurs téléphoniques de l’hexagone a choisi la start-up française Roger Voice pour développer une application spécifique pour les sourds et malentendants.

Il suffit de télécharger gratuitement l’application pour pouvoir communiquer une heure par mois.

Téléphoner avec Roger Voice, comment ça marche ?

La personne est mise en relation avec la plateforme de Roger Voice. Elle peut choisir sur son écran tactile une des trois options :

  • Utiliser les services d’un interprète en langues des signes qui fait le lien entre les interlocuteurs
  • Faire appel à un codeur en langue parlée complétée
  • Passer un appel visuel avec des sous-titrages de la conversation.

Pour les sourds aveugles, un système en braille est spécifiquement développé.

Au moment de la mise en relation, l’appelant peut prendre le temps d’expliquer le contexte de son appel à l’interprète LSF.

Une montée en charge du temps des appels est prévue dans les années à venir : 3h par mois au 1er octobre 2021 puis 5h par mois en octobre 2026.

Des besoins énormes en interprètes LSF et en codeurs LPC

Les interprètes portés LSF et les codeurs LPC en portage risquent de crouler sous la demande tant le nombre de professionnels diplômés est moindre face aux besoins, à peine 500 interprètes LSF pour une population estimée à 500 000 usagers prioritaires sur environ 1 million de personnes sourdes et malentendantes.

Si l’État prévoit de valoriser les formations à la traduction LSF, il n’en reste pas moins que le diplôme est exigeant. Plusieurs écoles et universités proposent un master en interprétation LSF mais il est préférable que les candidats aient quelques années d’expérience auprès d’un public sourd pour être accepté. Une formation courte et intensive de plusieurs mois permet aux étudiants d’atteindre le niveau B2 de la langue des signes.

Autre besoin : des professionnels à former pour les personnes aphasiques. A ce jour, tout reste à inventer puisque le diplôme n’existe pas.

Sources : legifrance.gouv.frservice-public.frfftelecoms.orglemonde.fr

© Illustration : Rostislav Sedlacek - Fotolia

 

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